Guide · Parfum
Parfum : tout comprendre pour choisir son jus
L’essentiel en 30 secondes
Le parfum est la catégorie cosmétique où l’écart est le plus grand entre ce que le vocabulaire promet et ce qu’il garantit. « Eau de parfum » n’est pas une norme, la pyramide olfactive n’est pas une propriété physique, et les standards IFRA ne sont pas du droit. Ce qui est opposable, en revanche, est écrit sur l’étiquette.
- Aucun texte n’impose de taux de concentré par appellation. Les fourchettes qui circulent sont des usages professionnels, pas des seuils.
- Le règlement (UE) 2023/1545 fait passer les substances parfumantes à déclarer nommément de 24 à plus de 80.
- Un flacon acheté aujourd’hui peut légalement porter encore l’ancien étiquetage : l’écoulement des stocks court jusqu’au 31 juillet 2028.
- Trois jus par session au maximum, sur peau, et vingt à trente minutes avant tout jugement.
Comment un parfum est construit
Une composition n’est pas un mélange d’odeurs : c’est un assemblage de matières dont chacune s’évapore à sa propre vitesse. C’est cette inégalité qui fait qu’un parfum change entre la vaporisation et la fin de journée.
La pyramide olfactive : une convention, pas une architecture
Tête, cœur, fond : le modèle est universellement employé, et il est utile. Il est attribué au parfumeur Jean Carles (1892-1966), premier directeur de l’école de parfumerie Roure à Grasse à partir de 1946, qui classait les matières par volatilité et composait du bas vers le haut, en partant des notes de fond.
Une précision qui change la façon de lire les descriptifs de marques : la pyramide décrit une volatilité décroissante, pas une structure présente dans le flacon. C’est une convention pédagogique et commerciale. De nombreuses compositions contemporaines s’en affranchissent délibérément, en cherchant un effet quasi linéaire du début à la fin. Et les pyramides publiées relèvent souvent de la communication autant que de la formule.
- Les notes de tête — les matières les plus volatiles : agrumes, notes vertes, aromatiques. Elles s’évaporent en quelques minutes à un quart d’heure. C’est ce qu’on sent en boutique, et ce n’est presque jamais ce qu’on portera.
- Les notes de cœur — le thème de la composition : fleurs, épices, fruits. Elles s’installent une fois la tête dissipée et tiennent quelques heures.
- Les notes de fond — les matières les moins volatiles : bois, résines, muscs, ambrés. Elles portent la tenue et le sillage, et sont le seul étage qu’on retrouve encore en fin de journée.
La conséquence pratique est directe : juger un parfum à la vaporisation revient à juger un plat à l’odeur de sa cuisson.
Les familles olfactives
Premier piège : il n’existe pas une classification, mais plusieurs, et elles ne se recouvrent pas. Les deux qu’on rencontre en français viennent d’univers différents.
La roue de Michael Edwards
C’est le système le plus utilisé dans le monde anglo-saxon et dans les bases de données de parfums. Michael Edwards publie son premier guide, The Fragrance Manual, à Sydney en 1984 — rebaptisé Fragrances of the World en 2000. La roue circulaire proprement dite, celle qui organise les familles par proximité olfactive, est datée de 1992 par son auteur.
Elle compte quatre familles principales et quatorze sous-familles. Un point de vocabulaire à connaître, parce qu’il rend caduque une bonne partie de la littérature disponible en ligne : en 2021, Michael Edwards a remplacé le terme « Oriental » par « Amber » dans toute la roue. Les textes qui parlent encore de famille « orientale » suivent l’ancienne nomenclature.
| Famille | Sous-familles | Matières caractéristiques |
|---|---|---|
| Floral | Floral, Soft Floral, Floral Amber | Rose, jasmin, iris, tubéreuse, fleur d’oranger |
| Amber (ex-Oriental) | Soft Amber, Amber, Woody Amber | Vanille, benjoin, labdanum, encens, épices |
| Woody | Woods, Mossy Woods, Dry Woods, Aromatic (Fougère) | Cèdre, santal, vétiver, patchouli, mousse de chêne, lavande |
| Fresh | Citrus, Water, Green, Fruity | Bergamote, notes marines, feuilles froissées, fruits |
La classification française n’est pas la même
En France, la référence professionnelle est celle de la Société Française des Parfumeurs, qui compte sept familles : hespéridée, florale, fougère, chyprée, boisée, ambrée — anciennement orientale — et cuir. Ce n’est pas une traduction de la roue d’Edwards : c’est un autre système, avec des familles que la roue n’isole pas, notamment le chypre et le cuir.
Les noms français de sous-familles qu’on lit partout dans la presse relèvent de l’usage professionnel francophone, pas d’une version officielle traduite. Il n’y a pas d’équivalence terme à terme entre les deux systèmes, et prétendre le contraire est une facilité.
Deux repères historiques
Deux compositions servent traditionnellement de bornes pour situer les familles. Elles sont citées ici comme repères documentés, pas comme recommandations — nous n’avons testé aucun parfum.
- Shalimar, de Guerlain, que les historiens du parfum situent composé par Jacques Guerlain en 1921 et présenté au public en 1925, à l’Exposition internationale des Arts décoratifs de Paris. Il est la borne de la famille ambrée.
- Chanel N°5, composé par Ernest Beaux et lancé en 1921, archétype du floral aldéhydé : c’est lui qui a imposé le genre, par une surdose d’aldéhydes gras alors employés avec parcimonie. Il n’en est pas le premier — des compositions antérieures en usaient déjà — mais il en est la référence.
Concentrations, sillage, tenue
C’est le point où la littérature grand public se trompe le plus souvent, et toujours dans le même sens : elle présente comme une norme ce qui n’est qu’un usage.
« Eau de parfum » ne veut rien dire de garanti
Les taux de concentré parfumant associés aux appellations ne sont définis par aucune norme. Ni le droit européen, ni une norme ISO, ni un cahier des charges professionnel n’imposent de seuil par catégorie. L’IFRA elle-même l’écrit. Chaque maison fixe son dosage, et deux eaux de parfum de marques différentes peuvent être dosées très différemment.
Les ordres de grandeur ci-dessous sont ceux que l’IFRA cite à titre indicatif. Ils se chevauchent — c’est assumé, et c’est précisément l’information utile.
| Appellation | Taux de concentré (indicatif) | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| Eau de Cologne | environ 3 à 8 % | Composition légère, souvent hespéridée, à renouveler dans la journée |
| Eau de toilette | environ 5 à 15 % | Recouvre en partie l’eau de Cologne et l’eau de parfum |
| Eau de parfum | environ 10 à 20 % | Chevauche l’eau de toilette : l’appellation ne tranche pas |
| Extrait | environ 15 à 40 % | Fourchette très large ; la plus forte variabilité d’une maison à l’autre |
Ce qu’on peut honnêtement dire de la tenue
À formule comparable, plus le taux de matières odorantes est élevé, plus le sillage tend à durer. Mais la tenue dépend d’abord de la volatilité et du poids moléculaire des matières employées, de la structure de la formule, du support — peau ou vêtement — et de la physiologie de chacun : hydratation cutanée, sébum, température.
Autrement dit : la tenue ne se déduit pas de l’appellation portée sur le flacon, et aucune durée standard ne peut être garantie par catégorie. Les tableaux qui annoncent « eau de toilette : 3 à 4 heures, eau de parfum : 5 à 8 heures » ne reposent sur aucun protocole de mesure publié. Nous n’en publierons pas.
Sillage, projection, tenue : trois choses différentes
- La projection — la distance à laquelle le parfum se perçoit dans les minutes qui suivent l’application.
- Le sillage — la traîne laissée dans l’air après votre passage. Il peut être marqué avec une projection modérée.
- La tenue — la durée pendant laquelle vous percevez vous-même le jus sur votre peau. C’est la mesure la moins fiable, l’odorat s’habituant à sa propre odeur.
Ce que dit l’étiquette
C’est la partie la plus utile de ce guide, et la seule qui repose sur un texte opposable. Nous détaillons la logique générale des listes d’ingrédients dans notre guide pour décrypter la liste INCI ; voici ce qui est propre au parfum.
La mention « Parfum » et ce qu’elle cache
L’article 19 du règlement (CE) n° 1223/2009 autorise à désigner toute une composition parfumante par le seul terme Parfum — ou Aroma. C’est légal, et c’est ce qui protège le secret d’une formule.
Mais le même article ajoute que les substances dont la mention est exigée par l’annexe III doivent figurer dans la liste en plus de ce terme générique. Ce sont donc les noms qui suivent la mention « Parfum » qui portent l’information.
Autre point utile : la liste est établie par ordre de poids décroissant au moment de l’incorporation, et les ingrédients présents à moins de 1 % peuvent être cités dans le désordre. Une position basse dans la liste ne dit donc rien de précis sur la dose.
De 24 à plus de 80 substances déclarables
Le règlement (UE) 2023/1545, adopté le 26 juillet 2023 et publié au Journal officiel le lendemain, élargit fortement cette obligation. Il ajoute aux substances déjà visées les 56 substances parfumantes allergisantes identifiées par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs comme ayant « clairement provoqué des allergies chez l’homme ».
Un mot sur le décompte, parce qu’il circule faux partout. La liste historique dite « des 26 allergènes » date de 2003. Deux de ces substances ont depuis été interdites et basculées à l’annexe II : l’HICC, dit Lyral, et le butylphenyl methylpropional, dit Lilial. La liste était donc retombée à 24. Additionner 26 et 56 pour annoncer « 82 allergènes » revient à compter deux substances interdites. Le total juste est de 80 — et le nombre de noms susceptibles d’apparaître sur une étiquette est un peu supérieur, plusieurs lignes de l’annexe regroupant plusieurs dénominations.
Les seuils
Une substance concernée doit être nommée lorsque sa concentration est supérieure à 0,001 % dans un produit sans rinçage — un parfum en est un — et supérieure à 0,01 % dans un produit à rincer. Le dépassement est strict : le texte écrit « supérieure à », non « égale ou supérieure à ».
Ce qui change vraiment en rayon, et quand
Voici le point sur lequel presque tous les articles se trompent. Le règlement est applicable depuis le 16 août 2023. Les dates de 2026 et 2028 ne sont pas des dates d’application : ce sont des tolérances transitoires, inscrites en notes de bas de tableau de l’annexe.
- Les produits non conformes au nouvel étiquetage pouvaient être mis sur le marché de l’Union jusqu’au 31 juillet 2026.
- Ils peuvent continuer à y être mis à disposition — c’est-à-dire vendus — jusqu’au 31 juillet 2028.
Conséquence concrète : un flacon acheté aujourd’hui peut légalement ne pas encore porter la liste étendue. Les listes s’allongeront progressivement, au rythme des nouvelles mises sur le marché. Toute affirmation du type « depuis le 31 juillet 2026, tout flacon commercialisé doit afficher les 80 allergènes » confond les deux notions et induit en erreur.
Les noms qu’on va voir apparaître — et les faux amis
Parmi les entrées créées : Menthol, Vanillin, Anethole, Carvone, Beta-Caryophyllene, Linalyl Acetate. Attention à deux pièges de nomenclature :
- L’alpha-terpinéol devient déclarable, mais il n’apparaîtra pas sous ce nom : l’annexe crée une entrée unique dont la dénomination est Terpineol, couvrant les isomères alpha, bêta et gamma.
- Limonene, Linalool, Geraniol et Citronellol ne sont pas des nouveautés : ces quatre-là étaient déjà à déclaration individuelle. Les voir sur un flacon n’indique rien sur la conformité au nouveau texte.
Un rectificatif publié au Journal officiel en novembre 2025 n’a corrigé que des dénominations de glossaire, sans ajouter de substance ni modifier les seuils ou les échéances.
L’IFRA : ce que c’est, ce que ça vaut
On lit régulièrement que tel ingrédient est « interdit par l’IFRA » sur le même ton que s’il l’était par la loi. La distinction mérite d’être posée clairement, parce qu’elle est structurante.
L’IFRA, International Fragrance Association, est l’association professionnelle mondiale de l’industrie du parfum, établie à Genève. Elle n’édicte pas de droit. Ses Standards forment un système d’autorégulation adossé à son Code de bonnes pratiques, obligatoire pour ses entreprises membres — soit, selon elle, environ 80 % du volume mondial produit — et qui ne s’impose à personne d’autre. L’IFRA précise elle-même que respecter ses Standards est nécessaire à son Code, mais peut ne pas suffire à garantir la conformité réglementaire.
Le 51e amendement
Notifié le 30 juin 2023, il crée 48 Standards et en révise onze. Un seul est un Standard d’interdiction : celui du 3-acétyl-2,5-diméthylfurane, écarté pour génotoxicité sur la base d’un test d’Ames mutagène, de prédictions in silico et d’un essai in vivo chez le rat.
Là encore, la formulation compte : c’est une interdiction IFRA, pas une interdiction européenne. Ni le nom de la substance ni son numéro CAS ne figurent dans les annexes du règlement (CE) n° 1223/2009. En pratique, l’ingrédient a disparu des compositions des maisons membres — par la voie de l’autorégulation, pas de la loi.
Deux chiffres à ne pas confondre
On lit souvent que les Standards IFRA « encadrent près de 3 700 ingrédients ». C’est une confusion. Les Standards en encadrent un peu plus de 260. Le chiffre de 3 700 renvoie à un tout autre document, l’IFRA Transparency List, qui recense les ingrédients utilisés dans le monde pour la création de parfums — un inventaire, qui n’impose aucune restriction. Confondre les deux revient à multiplier par quatorze le périmètre encadré.
Enfin, un point de fraîcheur : au moment où nous publions, le 51e amendement reste la version en vigueur, mais le 52e est en préparation — sa consultation publique s’est close en juin 2026, la notification formelle étant annoncée pour la fin de l’année.
Comment nous travaillons
Ce que ce guide affirme, et sur quelle base
- Nature de l’article
- Un guide de méthode et de lecture réglementaire. Il n’évalue aucun parfum, n’en note aucun et n’en recommande aucun.
- Vérification
- Chaque affirmation chiffrée ou datée a été reprise au texte source : règlement (UE) 2023/1545 et son rectificatif, règlement (CE) n° 1223/2009 consolidé, documents publiés par l’IFRA. Les affirmations que nous n’avons pas pu adosser à une source primaire ont été retirées plutôt que reformulées — c’est notamment le cas des durées de tenue par appellation.
- Parfums cités
- Shalimar et Chanel N°5 sont mentionnés comme repères historiques d’une famille olfactive, sur la foi de sources spécialisées concordantes. Ce ne sont pas des recommandations : aucun parfum n’a été senti, testé ni comparé pour cet article.
- Marques
- Aucune maison n’a été contactée ou consultée. Aucun lien de cet article n’est rémunéré.
Comment essayer un parfum
- 1. Trois jus au maximum par session. Au-delà, l’odorat sature et cesse de discriminer — le quatrième essai ne vous apprend plus rien.
- 2. La mouillette pour écarter, pas pour décider. Elle permet d’éliminer vite ce qui ne vous correspond pas ; elle ne dit rien de l’évolution sur votre peau.
- 3. Sur la peau ensuite : intérieur du poignet ou pli du coude, un jus par bras. Ne frottez pas les poignets l’un contre l’autre — le geste échauffe et brouille la lecture.
- 4. Vingt à trente minutes avant tout jugement. C’est le temps qu’il faut aux notes de tête pour se dissiper et au cœur d’apparaître.
- 5. Revenez quatre à six heures plus tard. C’est là que se juge le fond, et donc ce que vous porterez réellement. Un échantillon rapporté chez soi vaut mieux qu’une décision prise en boutique.
Un mot sur la peau : la chaleur cutanée, l’hydratation et le sébum modifient le rendu d’une même composition d’une personne à l’autre. Une peau sèche retient moins bien les matières les plus volatiles ; appliquer sur une peau hydratée, avec un soin non parfumé, prolonge en général le port.
Les erreurs fréquentes
- Juger sur les notes de tête. L’erreur la plus répandue, et la plus coûteuse : vous achetez les quinze premières minutes d’un parfum que vous porterez huit heures.
- Décider sur mouillette. Le papier n’a ni chaleur, ni sébum, ni pH. Il donne une silhouette, pas un rendu.
- Croire que l’appellation garantit la tenue. Elle ne le fait pas : ni le droit ni aucune norme n’en fixent le dosage.
- Ranger son flacon dans la salle de bains. Lumière, chaleur et écarts de température dégradent une composition. L’étui d’origine, debout, à l’abri, dans une pièce tempérée.
- Lire « sans allergènes » comme une garantie. Une liste d’ingrédients courte peut simplement signifier que les seuils de déclaration ne sont pas atteints — pas que la composition est exempte de substances sensibilisantes.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une eau de toilette et une eau de parfum ? +
Une différence de dosage en concentré parfumant — mais aucune norme ne définit ces appellations. Ni le droit européen, ni une norme ISO, ni un cahier des charges professionnel n’imposent de taux par catégorie : chaque maison fixe le sien. L’IFRA cite, à titre indicatif, environ 5 à 15 % pour une eau de toilette et 10 à 20 % pour une eau de parfum, avec des chevauchements assumés. Conséquence pratique : deux eaux de parfum de marques différentes peuvent être dosées très différemment, et l’appellation sur le flacon ne permet pas de prédire la tenue.
Combien d'allergènes doivent être déclarés sur un flacon de parfum ? +
Le règlement (UE) 2023/1545 fait passer la liste de 24 à plus de 80 substances parfumantes à mentionner nommément dans la liste des ingrédients, en plus du terme « parfum ». Le texte n’énonce pas ce total : il additionne les 24 déjà visées (considérant 5) et les 56 substances identifiées par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (considérant 6). Le nombre de noms susceptibles d’apparaître sur une étiquette est un peu supérieur, plusieurs lignes de l’annexe regroupant plusieurs dénominations.
Pourquoi mon flacon n'affiche-t-il pas encore la liste étendue ? +
Parce que le règlement prévoit deux tolérances distinctes. Les produits non conformes au nouvel étiquetage pouvaient être mis sur le marché de l’Union jusqu’au 31 juillet 2026, et peuvent continuer à y être mis à disposition — c’est-à-dire vendus — jusqu’au 31 juillet 2028. Un flacon acheté aujourd’hui peut donc légalement porter l’ancien étiquetage. Les listes d’ingrédients s’allongeront progressivement, au rythme des nouvelles mises sur le marché.
Que signifie la mention « Parfum » dans la liste des ingrédients ? +
L’article 19 du règlement (CE) n° 1223/2009 autorise à désigner l’ensemble d’une composition parfumante par le seul terme « parfum », ce qui protège le secret de la formule. Ce n’est pas un blanc-seing : les substances parfumantes allergisantes listées à l’annexe III doivent en outre être nommées individuellement lorsque leur concentration dépasse 0,001 % dans un produit sans rinçage, ou 0,01 % dans un produit à rincer. C’est ce qui suit la mention « Parfum » qui est informatif.
Les standards IFRA sont-ils une réglementation ? +
Non. L’IFRA est l’association professionnelle mondiale de l’industrie du parfum. Ses Standards relèvent de l’autorégulation : ils s’imposent aux entreprises membres via son Code de bonnes pratiques, et à personne d’autre. L’IFRA précise elle-même que les respecter ne suffit pas nécessairement à garantir la conformité réglementaire. Dans l’Union, les obligations légales relèvent du règlement (CE) n° 1223/2009 et de ses annexes. Un ingrédient interdit par l’IFRA n’est donc pas nécessairement interdit par le droit européen.
Comment essayer un parfum sans se tromper ? +
Trois jus au maximum par session, la mouillette pour écarter, la peau pour décider. Vaporiser sur l’intérieur du poignet ou le pli du coude, sans frotter les poignets l’un contre l’autre. Attendre vingt à trente minutes avant tout jugement : ce qu’on sent à la vaporisation est la partie la plus volatile de la composition, celle qui disparaît la première. Le mieux reste de rapporter un échantillon et de réévaluer le jus quatre à six heures plus tard, sur sa propre peau et dans sa journée réelle.
Comment conserver un parfum ? +
Trois facteurs dégradent une composition : la lumière, la chaleur et l’oxygène. Un flacon conservé debout, bouché, dans son étui, à température stable et loin d’une fenêtre tiendra nettement mieux que le même flacon posé sur une tablette de salle de bains, où la vapeur et les écarts de température accélèrent l’oxydation. Les notes les plus volatiles — agrumes en tête — sont les premières à tourner ; le fond, lui, résiste longtemps.
Sources
- Réglementation — allergènes Règlement (UE) 2023/1545 de la Commission du 26 juillet 2023, JO L 188 du 27.7.2023, p. 1 — considérants 5 à 8 et 11, article 2, annexe.
- Réglementation — rectificatif Rectificatif au règlement (UE) 2023/1545, JO L, 2025/90876, novembre 2025.
- Réglementation — socle cosmétique Règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques, version consolidée applicable au 1er mai 2026 — article 2, article 19 § 1 g), annexes II et III.
- Autorégulation IFRA — Code of Practice et bibliothèque des Standards, consultés le 17 août 2026.
- Autorégulation — 51e amendement IFRA Standard « 3-Acetyl-2,5-dimethylfuran » (amendement 51, 2023).
- Autorégulation — inventaire IFRA — Transparency List, édition de juillet 2025 (inventaire d’usage, sans portée restrictive).
- Classification olfactive Fragrances of the World — la Fragrance Wheel de Michael Edwards, et la classification en sept familles de la Société Française des Parfumeurs.
Avertissement & transparence
Ce guide a une vocation d’information et ne constitue pas un avis médical. Une réaction cutanée persistante après application d’un parfum relève d’un professionnel de santé, et la liste des allergènes déclarés sur l’étiquette est l’élément à lui présenter. Aucune maison de parfum n’a été contactée ou consultée, aucun parfum n’a été testé, aucun lien n’est rémunéré. Les photographies d’illustration sont créditées sous chaque visuel et leur provenance est consignée dans notre manifeste d’images. Une erreur ? Signalez-la.